Kamis, 06 Februari 2020

Erotikos. Dialogue sur l'amour

Category: Livres,Histoire,Grandes Périodes de l'Histoire

Erotikos. Dialogue sur l'amour Details

Seul platonicien de son époque à reprendre la forme du dialogue philosophique, Plutarque l'utilise ici pour traiter le thème platonicien entre tous de l'Amour, composant ainsi son œuvre « la plus étrange et la plus sophistiquée », où s'allient malice et profondeur, sagesse du vieil auteur en train d'écrire et enthousiasme du jeune marié qu'il était à l'époque, philosophie et expérience vécue ― une œuvre en quelque sorte à l'image de l'amour.À travers une affabulation paradoxale, qui subvertit les thèmes romanesques, un mélange plein de virtuosité d'exposés et de narrations, d'exemples mythiques, historiques et contemporains, Plutarque s'attache en effet à penser l'amour dans toute sa plénitude, et sa méditation prend des accents personnels assez rares. Nous pouvons ainsi connaître la manière harmonieuse dont il vivait lui-même sa religion et sa philosophie sans avoir le sentiment qu'il existait entre les deux une solution de continuité, la volonté qui était la sienne que rites et théories ne fussent pas lettre morte, mais réalités vivantes continuant d'inspirer la morale quotidienne et de nourrir les espoirs métaphysiques ouverts par le Phédon.

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Le dialogue de Plutarque avec ses propos violents, vulgaires et humoristiques est en fait principalement un commentaire sur la distinction entre le sexe et l??amour, ici dans les relations entre des éphèbes et des hommes et des femmes adultes.Sexe et amourPour Plutarque (porte-parole : Daphnée), ??la passion pour les garçons et pour les femmes procède d??un seul et même Amour.??Pour lui (aussi), il y a une différence essentielle entre le sexe et l??amour : ??l??union charnelle, quand elle est dénuée d??amour, ressemble à la faim ou à la soif, dont l??assouvissement marque le terme sans aboutir à rien de beau.?? L??Amour n??a rien à voir dans le comportement d??hommes qui ??avouent que, comme des chiens, (ils) sont soudés par le sexe à leur femelle.??L??attraction des éphèbes pour les hommesPour Plutarque, ??l??Amour des garçons est comme un bâtard, qui cherche à expulser l??Amour légitime, son ainé.?? ??Cet Amour s??est glissé furtivement dans les gymnases grâce à ces exercices pour lesquels les jeunes gens se montrent tout nus.??Cette attraction est voilée par de l??hypocrisie : ??l??Amour des garçons a besoin d??un prétexte honnête (comme) l??amitié et la vertu. Il se donne l??air d??un philosophe et d??un sage ; puis la nuit ??Douce est la cueillette en l??absence d??un gardien.?? De plus, ces relations sont inconstantes, car ??un poil suffit pour couper cette liaison en deux comme un ?uf.?? En outre, ??les amoureux des jeunes gens ressemblent à des nomades.??L??attraction des éphèbes pour les femmes, le mariageLa discussion ici est basée sur un cas concret : la relation entre une riche veuve et un éphèbe. Pour Plutarque, cette relation est légitime si elle est l??expression d??un amour réel et si elle est officialisée. Pour illustrer sa conception d??un réel amour, il raconte l??histoire dramatique d??Empona.Quand au mariage, ??il n??est pas bon de trop contraindre sa femme. L??homme qui agit ainsi fait penser aux éleveurs qui tondent leurs cavales, puis les conduisent au bord d??une rivière : chacune d??elles apercevant son image dans l??eau et se voyant enlaidie et défigurée, cesse de hennir fièrement et accepte d??être saillie par un âne.??Actualité : guerre et athéismeCertains paragraphes restent très actuels, comme celui sur le dieu ??guerre?? (Arès) : ??comment cela, Pemptidès ? nos tendances â la guerre ont donc un dieu pour elles, tandis que celles qui nous poussent à la concorde sont sans dieu ? Ainsi, quand les hommes tuent et sont tués, il y a un dieu qui leur sert d??arbitre, mais quand nous souhaitons l??attachement mutuel pour établir entre nous une communauté de sentiments, aucun dieu n??est là pour nous diriger ???Ce texte imagée effleure la perspective d??un monde athéiste : ??Chrysippe prétend qu??Arès signifie ??Le Tueur??, ouvrant ainsi la voie à ceux qui pensent qu??Arès est le nom de la tendance au combat, qui est en nous. D??autres prétendront qu??Aphrodite, c??est le désir ; les Muses, les arts ; Athéna, la sagesse. Vois-tu bien l??abîme d??athéisme qui s??ouvre devant nous, si nous réduisons chacun des dieux à personnifier nos passions, nos facultés ou nos vertus ???Ce texte (ainsi que son appendice), traduit et commenté admirablement, brosse un tableau vivant des m?urs du temps. Il est hautement recommandé à tous, et surtout aux amateurs de textes antiques.Je recommande également le livre ??L??Amour en Grèce?? de Robert Flacelière qui explique remarquablement bien l??influence culturelle sur les rapports entre les sexes dans la Grèce Antique.

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